lundi 25 janvier 2010

Mon apprentissage du japonais

La semaine dernière, j'ai eu mon premier cours de japonais ! Après presque un mois ici, il était temps ! Malgré le fait que je n'ai pas eu de leçon avant samedi dernier, mon apprentissage de cette langue va quand même très bien. Comme je suis en immersion, je n'ai pas vraiment le choix d'apprendre ! Chaque jour, j'ajoute quelques mots à mon vocabulaire. Mais je suis malheureusement toujours incapable de lire le japonais...

Pour les francophones, le japonais est une langue facile à apprendre. Pour commencer, il suffit d'apprendre les règles de base: les « r » se prononcent plus comme des « l », les « u » comme « ou »,les « e » sont toujours des  «é », le « u » à la fin d'un mot est généralement muet, les « h » ne sont pas muets, etc. Depuis que j'ai assimilé ces règles, il est très facile de m'exprimer dans cette langue et surtout de me faire comprendre !

La différence avec les français est que les syllabes sont presque exclusivement composées de deux lettres: une consonne et une voyelle. Seulement quelques exceptions: shi (qui se prononce « chi »), chi (quie se prononce « tchi »), etc. Rien de très compliqué! Alors c'est facile à prononcer, contrairement au français, dont les syllabes sont plus complexes. Par exemple, le mot creux, est pratiquement impossible à prononcer pour les japonais. Un peu comme mon nom...

Je suis très fière de mon japonais, qui s'améliore de jour en jour. Je peux commander seule au restaurant du toriniku (poulet), diriger mes élèves à hidari (gauche) ou à migi (droite), leur dire tomate (arrêter !!!, important en ski ), sugoi (beau travail), leur demander o genki desu ka ? (comment ca va ) ou daijobu desu ka? (est-ce que ça ca?) , me présenter: watashi wa Karine des, watashi wa Kanada gin, watashi wa ski GO et j'en passe. Et c'est sans compter les trucs de base: arrigato gozai masu (merci), ohayo gazai masu (bon matin), konnichiwa (bonjour), konbanwa (bonsoir), oyasuminasai (bonne nuit), sumimasen (excusez-moi) et gomen ne sai (je suis désolée). Et j'en passe!

Je crois que d'ici la fin de mon séjour, je vais pouvoir me débrouiller assez bien en japonais. Et en plus, mon anglais est devenu incroyable. Comme je parle presque exclusivement anglais, j'en suis venue à penser et à rêver en anglais. J'ai même de la difficulté à revenir au français... Par exemple, lorsque je pense à ce que je veux écrire, cela vient en anglais en premier... J'ai maintenant besoin de quelques minutes avant de me mettre en « mode français ».

Le plus cool : les gens de ne rendent plus compte que l'anglais n'est pas ma première langue ! Au début, ils savaient tout de suite que j'étais french-canadian. Maintenant, ils sont surpris quand je leur dit que l'anglais est ma première langue ! Youppi!

mardi 19 janvier 2010

Ode à la solitude – prise 2



J'ai eu une belle surprise en arrivant au travail ce matin: une journée de congé. Bon, c'est un peu décourageant de se présenter au travail à 7h30 et réaliser que l'on aurait pu dormir... Mais j'ai pris ça du bon côté: j'étais debout de bonne heure et il a neigé toute la nuit ! À moi les champs de poudreuse, toute seule avec mon iPod ! J'ai déjeuné rapidement avec l'intention d'être sur les pistes dès l'ouverture de la station. Enfin un moment en tête à tête avec moi-même.


Je suis prête à partir, les skis au pieds quand je suis rejointe par Yukiyo, une monitrice de snowboard. Tu es en congé toi aussi ? Super, on va pouvoir skier ensemble ! Euh... bon, je suis ici pour connaître du nouveau monde non ? Alors j'ai skié tout l'avant-midi avec Yukiyo, qui m'a fait découvrir les meilleurs spots de poudreuse pas trop légaux ! Incroyable ! D'accord, j'ai encore un peu de difficulté à m'adapter au ski dans une telle quantité de neige (presque au point de m'ennuyer des pistes glacées du Québec), mais je m'améliore de jour en jour !


Je réussi à me sauver vers l'heure du dîner avec l'intention de me rendre au Canadian Bath. Oui oui, vous avez bien lu. Et j'imagine que vous vous posez la même question que moi quand j'ai entendu ça pour la première fois. Je devrais connaître ça, je suis canadienne après tout ! Sauf que, je n'ai jamais vu de Canadian Bath au Canada ! Il s'agit en fait d'un genre de spa, à l'extérieur, mais sans les jets. Donc, d'un bain d'eau chaude ! Ce qui fait vraiment du bien après une journée de ski. Et celui de l'hôtel a une vue sur les pentes, le bonheur total.

Super, je vais pouvoir relaxer. Je m'y rend après le dîner , on m'a dit que c'était très tranquille dans l'après-midi, tout le monde étant en ski. Comble du désespoir: 4 jeunes australiens s'amusent dans le bain. Et pour ce qui ne le savent pas: les australiens sont très bruyants!!! J'ai réussi à y passer à peine 10 minutes avant d'en avoir assez ! Vais-je réussir à être tranquille un jour ?!?!!?


Pas de panique, je vais me rendre seule à Shintoku ce soir pour souper en tête-à-tête avec mon livre. J'attends l'autobus, mes écouteurs sur les oreilles dans le but de ne parler avec personne. Je ne veux pas avoir l'air sauvage, mais je n'ai pas eu un moment toute seule depuis trois semaines... Je ne dois vraiment pas être due, car dès que je m'assied dans l'autobus, une autre GO viens s'asseoir à côté de moi et commence à me parler, car elle veut pratiquer son français. Je ne peux pas résister à cela ! En passant, un japonais qui essaie de parler en français, c'est hilarant ! Ils ont vraiment beaucoup de difficulté. J'y reviendrai une autre fois !


Arrivée à Shintoku, je ne peux pas me débarrasser de ma nouvelle amie. Elle a besoin d'aide pour s'acheter des vêtements. On se rend donc dans le seul magasin fashionable de Shintoku (il y en a seulement 2 !). Ouf, une chance que j'ai apporté assez de vêtements car les vêtements semblent tout droit sortis de chez Rossy ou Korvette ! Après une heure, je réussi finalement à partir seule,


Hourra ! J'ai mon souper de solitaire. Cela a fait tellement de bien! Vraiment. J'espère que je n'ai pas l'air trop sauvage...



lundi 18 janvier 2010

Ode à la solitude



J'ai réalisé aujourd'hui ce qui me manque le plus de ma « vrai » vie: la solitude. Pas que je sois quelqu'un de très solitaire, au contraire, je suis très sociale. Mais cela fais tellement du bien de se retrouver seule après une journée de travail bien remplie. J'adore rentrer chez moi, dans le confort et la tranquillité de mon appartement pour décompresser. J'ai besoin de ces quelques minutes de silence pour bien fonctionner. J'ai besoin de « décrocher » quotidiennement.


Mais ici, on oublie ça la tranquillité. Je ne suis jamais seule. Le matin quand je me réveille, ma coloc me parle immédiatement. Quand je vais prendre mes repas, je partage une table avec des clients, avec qui je dois faire la conversation. Dans le local des moniteurs de skis, ce n'est jamais tranquille. Au cours de la soirée au bar, il est difficile d'entretenir une conversation tellement la musique est forte. Et je dois aussi parler avec les clients. Et finalement, quand je vais me coucher, ma coloc est de retour elle aussi...


Après trois semaines de ce train de vie, j'en ai assez ! J'ai donc demandé une soirée de congé afin de relaxer un peu, aller souper seule à l'extérieur et me coucher tôt. Mais, alors que j'attendais l'autobus j'ai rencontré 2 nouveaux moniteurs de ski qui n'étaient jamais allés à Shintoku et qui m'ont demandé de les accompagner. Bon, j'ai très apprécié que l'on me propose la même chose lorsque je suis arrivée ici alors.... j'ai dû oublier mon souper en solitaire.


En arrivant en ville, deuxième déception: le restaurant où je voulais aller est fermé. Je ne connais que deux restaurants à Shintoku et j'ai mangé à l'autre il y a quelques jours. Juste comme je me demandais comment me débrouiller pour trouver une autre resto et surtout commander, nous avons croisé Yasuhiro, un moniteur japonais. Il nous a donc dirigé vers un resto de sushi et s'est joint à nous. Miam ! Nous avons mangé comme des rois pour 1300 yens chacun (environ 15 $), incluant l'alcool. Qui a dit que le Japon était dispendieux ?




Je n'ai peut-être pas eu ma soirée en solitaire mais j'ai quand même passé un très beau moment. Par contre, je m'en vais maintenant m'enfermer toute seulement dans ma chambre, pour profiter de mes trois heures de tranquillité avant le retour de ma coloc !

jeudi 14 janvier 2010

La pire façon de se faire réveiller


J'ai beaucoup de difficulté à dormir depuis que je suis ici. J'avais du mal à dormir à la maison déjà, mais ici c'est pire que tout. Le fait que je ne sois pas dans mon lit (mais dans un petit lit siple très dur),que le bruit qui ne cesse jamais au dortoir et que ma coloc émet des petits sons en dormant (très weird...) m'empêche de dormir. Je n'ai pas passé une seule nuit sans me réveiller 3-4 fois. J'imagine qu'avec l'épuisement, je vais réussir à dormir un jour...

Mais la nuit dernière, je dormais! Et même que je dormais assez profondément pour rêver, ce qui ne m'arrive que très rarement. Mais c'était trop beau. Je me suis fait réveillée de la pire façon qui soit (du moins, pour moi maintenant): un tremblement de terre à 3h49 du matin! Rien de très gros mais pour moi qui n'avait jamais vraiment senti de tremblement de terre de ma vie (une fois quand j'avais 3 ans, je ne m'en rappelle plus), cela a été assez pour me réveiller et me faire paniquer un peu !


Ce matin, j'ai confirmé le tout avec ma coloc. Non, je n'ai pas rêvé ….


MÀJ 16h30 :
Finalement, il n'était pas si petit que ça le tremblement de terre ! Plusieurs personnes affiraient aujourd'hui que c'était un des plus gros depuis longtemps. D'une magnitude de 5.0 et d'une durée de 2 minutes. Et après vérification, je me trouvais très près de l'épicentre.


mardi 12 janvier 2010

Ceux qui ne connaissent pas l'hiver...




Jamais dans ma carrière de monitrice de ski, je n'ai rencontré quelqu'un n'ayant vraiment AUCUNE aptitude pour ce sport. J'ai toujours réussi à faire « quelque chose » de mes élèves, même des moins athlétiques. Enseigner au Québec doit y être pour quelque chose: les gens n'ayant jamais skié de leur vie on souvent déjà patiné ou navigué sur les trottoirs glacés, ce qui rend leur apprentissage plus facile.


Mais aujourd'hui j'ai frappé un mur. Et tout un ! Quatre élèves, totalement incapable de ski. Ok, ils étaient capable de se laisser glisser et de s'arrêter. Bien que l'on n'appelle pas vraiment ça s'arrêter quand tu ne prend aucune vitesse... Tout ce qu'ils réussissaient à faire, c'était un gros chasse-neige. Tellement gros qu'ils devaient se pousser à l'aide de leurs bâtons pour réussir à avancer.... J'ai tout essayé, j''ai été incapable de les faire prendre un peu de vitesse et encore moins de leur montrer à faire des virages. Et ils étaient tellement crispés ! Forcer du visage et des bras, cela ne rend pas ça plus facile !


J'ai essayé de leur expliqué de toutes les façons imaginables. J'ai remonté la pente à pied tellement de fois que j'étais trempée. Plus de tuque, plus de gants et plus de manteau ! C'était tellement frustrant !!!!!


En leur posant des questions, je crois avoir compris un peu la source du problème. C'était la première fois de leur vie qu'ils voyaient de la neige ! Car, à Singapour et à Hong-Kong, il n'y a pas de neige ! Ils étaient donc seulement très heureux de seulement se promener sur la neige. Pourquoi aller plus vite alors que cela devient impossible d'admirer le paysage.


J'ai donc abandonné car j'ai compris que c'est seulement ça qu'ils voulaient. Contrairement à mes autres élèves, ils n'avaient pas l'ambition de descendre la montagne à toute allure avec une technique parfaite. Ils voulaient vivre l'expérience du ski....

dimanche 10 janvier 2010

Enseigner aux Japonais

Après une semaine d'enseignement avec des élèves japonais, j'en sais un peu plus sur ce peuple. Le moins que je puisse dire, c'est qu'ils sont très différents !!! Pour ceux qui ont déjà enseigné au le ski au Québec, vous savez comment cela peut être difficile. Les jeunes sont souvent très énervés et il est presque impossible de les faire arrêter au même endroit dans la piste. Et j'ai vite abandonné l'idée de leur faire faire une ligne devant moi !

Mais ici, c'est très différent. Lors de ma première descente avec mon groupe de japonais, je m'arrête et.. surprise, ils s'arrêtent tous en face de moi, dans une belle ligne droite ! Personne ne dit un mot et ils m'écoutent attentivement. Bon, ils font plus semblant de m'écouter car ils ne comprennent pas un mot de ce que je dis. Mais ils restent poliment devant moi. Personne de parle, personne de regarde ailleurs, personne ne joue de la neige ou en mange. Même les enfants. Wow ! Ils sont supers ces japonais ! Extrêmement disciplinés. Ils se suivent en serpentin sans que je leur demande !

Par contre, j'ai vite réalisé que c'est tout ce qu'ils font: écouter. Ils ne posent aucune question et ne répondent pas aux miennes. Aussi, si je leur demander de descendre chacun leur tour, ils ne le font pas! Personne ne veut partir le premier.... Cela leur prend 5 minutes à se décider. Personne ne participe au cours. Ils écoutent et même s'ils ne comprennent pas, ils ne demandent pas plus d'explications. Je vois bien qu'ils ne comprennent pas ce je que dis car ils ne font pas l'exercice correctement. Mais quand je le demande s'ils ont compris, ils hochent la tête et sourient. Frustrant !

Après m'être renseigné auprès des autres moniteurs, j'ai compris que ce n'était pas moi le problème. Ce n'est pas dans leur culture de poser des questions. C'est humiliant pour eux. Pourquoi personne ne veut partir en premier ? Parce qu'ils sont « suiveux », c'est tout. Alors j'ai arrêté de me casser la tête : je skie et ils me suivent !!!!

C'est autre chose avec les autres élèves au mois. Ici, il y a beaucoup de gens de Singapour, Hong Kong, Australie et Nouvelle-Zélande. Ils sont moins sérieux que les japonais, ce qui met un peu d'ambiance. Et ils posent des questions !!!

Les japonais – En vrac


Les gens viennent à Sahoro pour faire du ski, alors ce n'est pas très « glamour ». Tout le monde se promène en pantalons de neige et combines. Mais les japonaises sont coquettes: elles portent des talons hauts avec leur ensemble de ski !

J'en ai même vu quelques unes se maquiller dans les toilettes, avec leur tuque et leur lunettes de ski sur la tête !

Pour la période des fêtes, cela coutait 750 $ par nuit par personne pour rester au Club Med Sahoro. Sans compter la location des skis, des manteaux, etc. Wow, c'est cher ! J'aurais crû que les clients auraient été plus « chiants ». Et bien c'est le contraire ! C'est mal vu au Japon de montrer que tu as de l'argent. Ils ne sont pas show off.

mardi 5 janvier 2010

Day off et visite à Shintoku


Day off et visite à Shintoku


Enfin, ma première journée de congé! Ça fait du bien de relaxer, lire, dormir et … visiter ! En fin de journée, Emiko, une monitrice japonaise nous a amené (Ian et Scheba, ma room mate) à Shintoku, un petit village à 20 minutes en autobus. C'est super facile de s'y rendre, l'autobus nous prend à la porte. Mais j'étais un peu anxieuse de m'y rendre toute seule, compte tenu que mon japonais n'est pas très fort.


Shintuko est un minuscule petit villages avec seulement quelques magasins et restaurants. De la gare de Shintoku, il est possible de prendre le train pour Obihiro et Sapporo. J'irais probablement à Obihiro la semaine prochaine.



En arrivant au village, nous nous sommes promenés brièvement sur la rue principale. La plupart des magasins étaient fermés, mais je sais au moins où ils se trouvent pour la prochaine fois. Ensuite, visite à l'épicerie, pour acheter quelques trucs à grignoter. Quelle expérience. Pour la première fois de ma vie, j'ai pu comprendre ce que ressent un analphabète. Sauf quelques exceptions, rien n'était écrit en dans un alphabet lisible pour moi, ou en anglais !




J'ai fait quelques achats assez diversifié, afin de goûter un peu à tout, ainsi que des trucs plus réconfortants ! Les prix était bien, pas trop cher. Moins cher que ce à quoi je m'attendait. Le tout m'a coûté 2000 yens, soit un peu moins 25 $ canadien.



Après le « magasinage », nous sommes allés souper dans un « boui-boui » local! Une chance qu'Emiko était là et qu'il y avait des photos sur le menu car encore une fois, je n'y comprenais rien. Suggestion d'Emiko: des ramens, la spécialité d'Hokkaido ! Miam, cela n'a rien à voir avec celles que l'on mange au Québec ! Le poulet était également délicieux. Mon repas m'a coûté 1100 yens, soit un peu plus de 10 $ . Pas cher, surtout que la portion était énorme !





Le dernier autobus étant à 20h00, nous sommes partis tout de suite après le souper. Visite éclair, mais je me sens maintenant prête à y retourner seule la prochaine fois !